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dimanche 1 juillet 2012

ABWEHR


Abwehr
L’Abwehr, mot allemand signifiant « défense », est créée en 1925. Elle est le service de renseignements de l'état-major allemand de 1925 à 1944. Après l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler, l’Abwehr s'est régulièrement trouvée en conflit avec les services secrets du parti nazi : le SD et la Gestapo, sous la direction de Reinhard Heydrich.

Dirigée par l'amiral Wilhelm Canaris à partir de janvier 1935, l'organisation peut déterminer la nature de son rôle par rapport à ses concurrentes, même si la compétition continue de manière moins flagrante. Son action dans la traque des résistants français est particulièrement efficace.

À partir de 1943, plusieurs de ses membres, y compris Wilhelm Canaris lui-même, commencent à participer à la résistance allemande. En juin 1944, le RSHA en prend le contrôle après des enquêtes menées par la Gestapo, contrôle accentué après le complot de juillet contre Hitler.

De nombreux officiers de l’Abwehr, y compris Wilhelm Canaris, seront exécutés par les SS en 1944.

Les différents Chefs de l'Abwehr sont :

1920 - 1927 : Oberstleutnant Friedrich Gempp,
1927 - 1929 : Oberstleutnant Günter Schwantes,
1930 - milieu 1932 : Oberstleutnant Ferdinand von Bredow,
milieu 1932 - 31 décembre 1934 : Kapitän zur See Konrad Patzig,
1er janvier 1935 - février 1944 : Konteradmiral Wilhelm Canaris

SICHERHEITSDIENST


Sicherheitsdienst SD
Le Sicherheitsdienst, littéralement le « service de la sécurité », fut le service de renseignements de la SS. Le SD fut créé dès 1931 par Reinhard Heydrich, sous l'appellation service Ic. Officiellement dénommé SD en juillet 1932, son pouvoir augmenta avec celui des nazis sur l’Allemagne. Il était en compétition avec les SA qu’il aida à éliminer lors de la Nuit des Longs Couteaux, et en rivalité constante avec l’Abwehr, le service de contre-espionnage militaire dirigé par l'Amiral Wilhelm Canaris.

En 1936, il est intégré au RSHA, toujours sous le commandements de Heydrich, aux côtés de la SIPO, qui regroupe la Gestapo, dirigée par Mueller et Kriminalpolizei (KRIPO), avec à sa tête Artur Nebe. A partir de ce moment, il ne dispose plus que de deux départements, l'Amt III, SS-Inland, qui s'occupe, au sens large du terme de contre-espionnage et de recueil de renseignements à l'intérieur du Reich, sous la direction de Ohlendorf et dont le service central comptait 500 à 600 hommes, et l'Amt VI, SS-Ausland, service de renseignements à l'étranger, dirigé par Schellenberg, avec 300 à 500 agents.

A son tour, l'Amt VI entra dans une logique de conflit permanent, cette fois avec la Gestapo qui entretenait et développait son propre réseau d'informateurs, et qui détenait en outre, contrairement au SD, le pouvoir d'interner tout opposant ou supposé tel. Ayant la tâche de détecter les ennemis réels et potentiels du Parti, il mit en place des centaines d’agents et des milliers d’informateurs. Après l’attentat contre Hitler en juillet 1944 son pouvoir quasi absolu de terreur (d’État) ne devant des comptes qu'à Himmler et Hitler fut encore renforcé avec la prise de contrôle de l’Abwehr.

 Le SD était organisée en quatre départements :
Section A avec l’ordre légal et la structure du Reich sous-divisée en :
A 1 Question générales du travail dans les sphères de la vie en Allemagne.
A 2 Lois.
A 3 Constitution et administration.
A 4 Vie nationale en général.
A 5 Questions générales de règlement de police et toutes questions d’applications de la législation.

Section B traitait de la nationalité et de l’ethnicité :

B 1 Nationalité.
B 2 Minorités.
B 3 Ethnicité et santé.
B 4 Citoyenneté et naturalisation.
B 5 Territoires occupés.

Section C traitait de la culture :

C 2 Éducation religieuse.
C 3 Culture, folklore et art.
C 4 Presse, littérature, radio, évaluation et censure.

Section D avec l’économie :

D a la presse
D b colonies
D S questions spéciales
D W régions occupées à l’ouest
D O régions occupées à l’est
D 1 alimentation
D 2 commerce, artisanat et transport
D 3 finance, monnaie, banques, assurances et changes
D 4 industrie et énergie
D 5 questions sociales et syndicales

Les agents du SD portaient sur leurs uniformes, au bas de la manche gauche, un losange noir avec les inscriptions SD brodés dessus, de plus alors que les autres membres de la SS arboraient normalement les Runes Germaniques "SS" sur le côté de droit de leur col, les membres du SD eux n'avaient que l'écusson noir sans les runes.

STO ( SERVICE DU TRAVAIL OBLIGATOIRE )


Service du travail obligatoire
Le Service du travail obligatoire (STO) fut, durant l'occupation de la France par l'Allemagne nazie, la réquisition et le transfert contre leur gré vers l'Allemagne de centaines de milliers de travailleurs français, afin de participer à l'effort de guerre allemand que les revers militaires contraignaient à être sans cesse grandissant (usines, agriculture, chemins de fer, etc.). Les personnes réquisitionnées dans le cadre du STO étaient hébergées dans des camps de travailleurs situés sur le sol allemand.

L'Allemagne nazie imposa au gouvernement de Vichy la mise en place du STO pour compenser le manque de main-d'œuvre dû à l'envoi des soldats allemands sur le front russe, où la situation ne cessait de se dégrader. De fait, les travailleurs forcés français sont les seuls d'Europe à avoir été requis par les lois de leur propre État, et non pas par une ordonnance allemande; conséquence indirecte de la plus grande autonomie négociée par le gouvernement de Vichy par rapport aux autres pays occupés, qui ne disposaient plus de gouvernement propre.

Le gauleiter Fritz Sauckel, surnommé le "négrier de l'Europe", fut chargé le 21 mars 1942 d'amener la main-d'œuvre de toute l'Europe par tous les moyens. Il s'intéressa particulièrement à la France. Il trouva à la tête du régime de Vichy des fonctionnaires prêts à lui donner satisfaction en mobilisant la législation française et les forces de l'ordre au profit du recrutement forcé, en particulier Pierre Laval. Un total de 600 000 à 650 000 travailleurs français sont acheminés vers l'Allemagne entre juin 1942 et juillet 1944. La France fut le troisième fournisseur de main-d'œuvre forcée du Reich après l'URSS et la Pologne, et le pays qui lui donna le plus d'ouvriers qualifiés.

Jusqu'en septembre 1943, le plénipotentiaire de Fritz Sauckel en France était le général Julius Ritter, assassiné par le groupe Manouchian le 23 septembre. Selon la Fédération Nationale des Déportés du Travail, fondée en 1945 et devenue en 1979 Fédération Nationale des Victimes et Rescapés des Camps nazis du Travail Forcé, 60 000 moururent en Allemagne et 15 000 furent fusillés, pendus ou décapités pour "actes de résistance". Les historiens jugent aujourd'hui ces chiffres excessifs, et estiment qu'entre 25 000 et 35 000 STO ont néanmoins perdu la vie en Allemagne. Leur emploi dans des usines de guerre bombardées, souvent dans de mauvaises conditions et sous la surveillance fréquente de la Gestapo, rendait en tout cas leur taux de mortalité supérieur à celui des prisonniers de guerre. Un certain nombres furent mis à disposition d'artisans, de la Reichsbahn, de la Poste ou de l'administration, plus rarement de fermes.

L'exploitation de la main d'œuvre française par le IIIe Reich a concerné des travailleurs obligatoires (« les requis du STO »), mais on vit aussi partir en Allemagne des travailleurs volontaires attirés par la rémunération, ou voulant faire revenir un parent proche. Ces derniers ne furent ni mieux ni moins bien traités que les requis, mais contribuèrent dans l'opinion, après la guerre, à un amalgame fréquent et injustifié entre requis du STO et volontaires. 250 000 prisonniers de guerre durent également travailler pour le Reich à partir de 1943 après avoir été "transformés" de gré ou de force en travailleurs civils.

Admise en Belgique et bien que le Parlement français ne se soit jamais prononcé définitivement sur la qualification à donner aux requis du STO, la dénomination officielle de "déporté du travail" a été interdite aux associations de victimes du STO par la justice française (1992), au nom du risque de confusion entre la déportation vers la mort des résistants et des Juifs, et l'envoi au travail obligatoire.

Dès l'automne 1940, des volontaires, au début majoritairement d'origine étrangère (Russes, Polonais, Italiens) choisissent de partir travailler en Allemagne. En tout, pendant la Seconde Guerre mondiale, environ 200 000 travailleurs partis de France se seraient portés volontaires, dont 70 000 femmes. C'est aussi à l'automne 1940 que l'occupant procéda à des rafles arbitraires de main-d'œuvre dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, rattachés à Bruxelles.

Juin 1942 : l'Allemagne exige de la France 350 000 travailleurs. Pierre Laval, obligé de maquiller cette sommation, annonce le 22 la création de la "Relève" qui consiste à échanger un prisonnier libéré contre trois travailleurs volontaires envoyés. Mais seuls les ouvriers spécialistes sont en fait pris en compte dans l'échange, tandis que les prisonniers relâchés doivent être des paysans, ou des hommes déjà âgés et malades, donc improductifs et qui auraient probablement été rapatriés de toute façon. De plus, la Relève n'est pas nominative : on ne peut pas s'enrôler pour faire libérer son frère, son mari, son voisin, etc. Le manque de succès de cette mesure (17 000 volontaires fin août) sonne le glas du volontariat.

Pétain promulgue alors la loi de réquisition du 4  septembre 1942, malgré l'opposition de quatre ministres et du Service national des Statistiques et une aggravation sensible de l'impopularité du régime. Moins connue que la loi du 16  février 1943, la loi du 4 septembre ne frappe de fait que des ouvriers. Elle fut surtout appliquée en zone occupée, la plus industrielle et la plus peuplée. Cette loi, récemment redécouverte par les historiens, est responsable du départ forcé de près de 250 000 travailleurs en six mois.

16  février 1943 : Pierre Laval instaure le Service Obligatoire du Travail, ainsi appelé la première semaine, et en raison des railleries dues aux initiales, fut rebaptisé STO. Le recrutement, de catégoriel, se fait désormais par classes d'âge entières. Les jeunes gens nés entre 1920 et 1922, c'est-à-dire ceux des classes 40, 41 et 42 sont obligés de travailler en Allemagne (ou en France) à titre de substitut de service militaire. La classe d'âge 1922 fut la plus touchée, et les exemptions ou sursis initialement promis aux agriculteurs ou aux étudiants disparurent dès juin. Les filles étaient aussi théoriquement concernées, mais hors quelques cas individuels, elles ne furent jamais envoyées au STO, par peur des réactions de la population et de l’Église.

Les Chantiers de la Jeunesse contribuèrent aussi activement à l'envoi de leurs propres jeunes en Allemagne, par groupements entiers. À Roubaix, en l’église Saint-Martin, le cardinal Liénart exhorte en mars 1943 les jeunes à y aller par solidarité avec les partants, pourvu qu’ils soient accompagnés par des prêtres catholiques. Il précise toutefois que le STO n’est pas un devoir de conscience, et que l’on peut « s’y dérober sans péché ». Certaines victimes furent prises dans des rafles de la Milice et de la Wehrmacht. Le PPF de Jacques Doriot mit quant à lui sur pied, en 1944, des Groupes d'Action pour la Justice Sociale (sic) chargés de traquer les réfractaires contre de l'argent, et d'enlever la main-d'œuvre jusqu'en pleine rue.

Dans l'ensemble, grâce à la collaboration indispensable du gouvernement de Vichy et de l'administration française, et en particulier d'une bonne part de l'inspection du travail, les Allemands obtinrent tous les hommes qu'ils voulaient. Les deux premières grosses demandes de Fritz Sauckel furent intégralement fournies en un temps assez bref. Seuls le développement des maquis et le tarissement des ressources humaines prélevables expliquent la chute des départs à partir de l'été 1943, et le demi-succès de la troisième "action Sauckel" (juin-décembre 1943) puis le fiasco de la quatrième (1944). Le département de la Gironde, grâce au préfet régional Sabatier et à son secrétaire général Maurice Papon, fut félicité par Pierre Laval pour avoir été l'un des seuls à fournir plus que le quota fixé, aussi tard qu'à l'automne 1943.

Le STO provoqua le départ dans la clandestinité de près de 200 000 réfractaires, dont environ un quart gagnèrent les maquis en pleine formation. Le STO accentua la rupture de l'opinion avec le régime de Vichy, et constitua un apport considérable pour la Résistance. Mais il la plaça aussi dans l'immédiat devant une tâche inédite, d'une ampleur non moins considérable (manque d'argent, de vivres, d'armes etc. pour des milliers de maquisards soudain afflués). Les réfractaires au STO forment également le premier groupe au sein des 35 000 évadés de France qui gagnèrent l'Espagne puis l'Afrique du Nord et s'engagèrent dans la France libre ou dans l'armée française de la Libération. Faute de filière, de place dans le maquis ou de désir de se battre, de nombreux réfractaires se contentèrent toutefois de se cacher à domicile ou de s'embaucher dans des fermes isolées où ils servirent de main-d'œuvre à des paysans complices.

D'autres Français échappèrent au STO en Allemagne en s'embauchant dans la police et les pompiers, voire dans la Milice ou a l'École des cadres d'Uriage. Après l'automne 1943, ils furent nombreux à rejoindre un vaste secteur industriel protégé mis en place par l'occupant, et travaillant exclusivement pour son compte. Enfin, une part non négligeable des jeunes français concernés par le STO réussirent à passer à travers les mailles du filet en refusant le STO mais sans pour autant entrer dans la clandestinité; ces derniers eurent la chance d'être progressivement oubliés par l'administration de l'occupant.

Entreprises allemandes ayant utilisé de la main-d'œuvre du STO :

Volkswagen (Wolfsbourg)
Daimler-Benz
IG Farben
Messerschmitt'''
Siemens
BMW
Arado (constructions aéronautiques)
Telefunken
BASF
Hermann Goering Werke (complexe sidérurgique en Basse Saxe près de Braunsschweig, 65 000 personnes, 125 km2, 11 hauts fourneaux)

En 1943,après sa destruction par les alliés à Berlin, une unité de construction aéronautique fut déplacée à Cestà Kamice (République Tchèque) dans les Sudètes (territoire annexé par les nazis en Tchécoslovaquie). Avec la complicité du gouvernement de Vichy, comme plusieurs centaines de milliers de français, des jeunes gens, techniciens, tourneurs, ont été arrêtés sur leur lieu de travail ou bien convoqués, notamment chez AIR-ÉQUIPEMENT à Bois-Colombes (France) le 03/12/1942, et enfermés à la caserne Mortier à Paris, avant leur départ pour Berlin. Les parents et familles ont été avisés par courrier de leur apporter bagages et nécessaire pour y passer la nuit.

Près de Cestà Kamenice, les nazis avaient aménagé le site des mines et fait construire le camp de Rabstein par les déportés venant de plusieurs des 95 kommandos dépendant du camp d'extermination de Flossenburg en Autriche à 260km. Dans les caves humides et mal éclairées, les conditions de travail des ouvriers étaient particulièrement pénibles avec 12 heures de présence. Le camp de Rabstein situé dans un creux de vallon et les baraquements où logeaient les prisonniers étaient souvent inondés. Les hommes insuffisamment vêtus souffraient de la faim, de rhumatismes et du froid.

Le Saint-Siège avait demandé au maréchal Pétain, par l'intermédiaire de Léon Bérard, ambassadeur de France au Vatican, que les séminaristes français soient exemptés du STO ce qui n'était pas souhaité par les évêques français, qui entendent ne pas déserter le terrain de la reconquête du monde ouvrier, et le monde ouvrier se trouve en partie en Allemagne. 3 200 séminaristes partent donc en Allemagne dans le cadre du STO.

D'autre part, à partir de la fin de 1942, des négociations sont menées entre l'épiscopat français représenté par le cardinal Suhard et le Dr. Brandt, qui traite de cette question pour les Allemands, pour officialiser la présence d'aumôniers parmi les déportés du STO. À la fin du mois de mai 1943, le Dr Brandt oppose un refus définitif à la demande des évêques français. Mais ceux-ci ont déjà envisagé d'envoyer des prêtres en Allemagne non pas avec le statut d'aumônier, mais avec celui d'ouvrier. Il s'agit là de la naissance du mouvement des prêtres ouvriers. Pionnier, l'abbé Hadrien Bousquet arrive à Berlin le 15 janvier 1943.

À la suite du Père Bousquet, 25 prêtres sélectionnés par le père Jean Rodhain, aumônier national des prisonniers de guerre et futur fondateur du Secours Catholique, sont envoyés clandestinement dans le Reich. En plus de ces clandestins organisés, d'autres prêtres ont été requis sans que leur qualité de religieux ait été repérée. Certains sont partis de leur propre initiative, parfois contre l'avis de leur évêque. Il y a également 273 prêtres prisonniers de guerre, transformés en « travailleurs libres ». Avec les 3 200 séminaristes et les militants de l'Action catholique partis contraints ou volontaires, cela représente au total une organisation de quelque 10 000 militants.

Pour les autorités allemandes, les travailleurs étrangers sont autorisés à assister aux offices allemands, ils ne voient pas d'objection à ce que des eccésiastiques étrangers soient employés comme travailleurs, à condition qu'ils s'abstiennent de toute activité spirituelle ou eccésiastique.

Mais le 3 décembre 1943, Ernst Kaltenbrunner, chef de la sécurité du Reich, adresse une note à tous les fonctionnaires de la Gestapo où il leur donne la consigne de rechercher tous les prêtres et séminaristes camouflés en civils, de les expulser ou de les emprisonner en cas de faute grave et de dissoudre les groupes de JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) actifs, sous peine d'emprisonnement. Sur les 25 prêtres clandestins envoyés en Allemagne, 12 seront envoyés en camp de concentration, généralement à Dachau.

Les groupes de la JOC continuent malgré la répression. Un millier de groupes répartis dans 400 villes allemandes sont répartis en 70 fédérations. Des clans scouts se forment. Jacques Duquesne en parlant d'eux évoque une version moderne de l'« Église des catacombes » : « Ils se confessent en pleine rue, communient dans les escaliers [...] ».
Célébrités françaises ex-STO

André Bergeron
Antoine Blondin
Auguste Boncors
Jean Boudou
Georges Brassens
José Cabanis
François Cavanna qui l'évoque dans Les Russkoffs
Arthur Conte
Raymond Devos
Michel Galabru
Stéphane Just
Boby Lapointe
Jacques Martin (auteur de bandes dessinées)
Claude Ollier
Alain Robbe-Grillet
André Tissier
Jacques Parsy (metteur en scène et comédien)
Léon Ozenne (ancien président du Groupement national de Réfractaires)
Marcel Callo, un requis du STO déporté et mort à Mauthausen pour action catholique clandestine, a été béatifié en 1987.

Une controverse interminable entoura le passé de Georges Marchais, secrétaire général du Parti Communiste Français (1970-1994), accusé d'avoir été volontaire en Allemagne chez Messerschmitt et non pas au STO selon ses dires. Selon son biographe Thomas Hoffnung, Marchais ne fut en fait ni volontaire ni requis du STO, il fut muté en Allemagne par l'entreprise allemande d'aviation qui l'employait déjà en France depuis 1940. Son parcours pendant la guerre ne ferait dès lors que refléter le sort de centaines de milliers de Français, contraint pour survivre de travailler pour les Allemands, soit en France, soit en Allemagne, une très large majorité de l'économie nationale étant de toute façon déjà mise au service des occupants.

Le 23 septembre 1943, à Naples, une annonce du préfet ordonne la mobilisation au service de travail obligatoire de tous les hommes âgés de 18 à 33 ans. Il s'agit d'une déportation forcée vers les camps de travail de l'Allemagne. La population refuse de collaborer, se soulève et déclenche les Quatre journées de Naples, s'attaquant aux forces nazis qui occupent la ville. L'armée allemande est mise en déroute avant l'arrivée des Alliés. Par ces actions, la ville se mérite la Médaille d'or de la valeur militaire.

GESTAPO


Gestapo
La Gestapo, acronyme tiré de l’allemand Geheime Staatspolizei signifiant « police secrète d'État », était la police politique du Troisième Reich. Fondée en Prusse par Hermann Goering , son pouvoir s'étendit ensuite, sous l'impulsion d'Heinrich Himmler, à l'ensemble du Reich, puis aux territoires envahis par l'Allemagne au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Intégrée au Reichssicherheitshauptamt de Reinhard Heydrich, elle fut dirigée par Heinrich Müller de 1934 à 1945. Chargée de lutter contre les opposants internes ou externes, réels ou supposés, puis contre les adversaires du régime nazi ou les résistants dans les pays occupés, elle fut synonyme de terreur et d'arbitraire en Allemagne, puis dans une grande partie de l'Europe. Elle joua un rôle essentiel dans l'extermination des Juifs d'Europe, notamment via son Amt B4, dirigé par Adolf Eichmann.

Évolution et structure

De l'insurrection spartakiste aux actions des corps francs, de l'assassinat de Walter Rathenau au putsch de la brasserie, la République de Weimar est marquée par un profonde instabilité et de fréquentes violences politiques, au cours desquelles s'illustre notamment la Sturmabteilung du parti nazi. L'appareil d'état allemand met en œuvre une stratégie de lutte essentiellement dirigée contre les communistes et la nazis, exécutée par la police régulière, comme en Bavière, ou par la police politique, comme en Prusse. De son côté, à l'initiative d'Heinrich Himmler, le parti nazi se dote d'un service de sécurité interne, le Sicherheitsdienst, confié à Reinhard Heydrich.

« Pendant des semaines, j'ai travaillé personnellement à la réorganisation pour arriver à créer, moi seul, de mon propre mouvement et de ma propre initiative, le service de la Gestapo. Cet instrument, qui inspire une profonde terreur aux ennemis de l'État, a puissamment contribué au fait qu'on ne peut plus parler aujourd'hui d'un danger communiste ou marxiste en Allemagne ou en Prusse » Lors de l'arrivée au pouvoir des nazis en janvier 1933, ceux-ci mettent en place une politique de répression suivant trois axes : l'écartement, l'internement et l'élimination des opposants politiques en dehors de tout cadre légal, menés par la SA et la SS, notamment avec l'ouverture des premiers camps de concentration ; la mise en place d'un cadre juridique permettant de donner à la répression un cadre légal ; la création d'un organe consacré à la police politique, la future Gestapo.

Député au Reichstag et membre du Landstag de Prusse depuis mai 1928, président du Reichstage en 1932, ministre sans portefeuille, commissaire à l'aviation et ministre de l'Intérieur de Prusse dans le gouvernement d'Adolf Hitler, Hermann Göring prend les rênes de la police prussienne, la plus importante d'Allemagne, le 12 février 1933, dont il entreprend immédiatement la nazification. Dans cette opération d'écartement des policiers aux sentiments républicains, il dispose d'une aide précieuse, celle de Rudolf Diels. Chef de la section politique de la police prussienne, l' Amt IA, qui avait combattu communistes et nazis avec efficacité et énergie, Diels met ses fichiers au service du nouveau pouvoir. Dès le 22 février, Göring accroît ses forces, en nommant les membres de la SA et du Stahlhelm, policiers auxiliaires.

Immédiatement après la proclamation des lois d'urgence du 28 février 1933 pour la défense du peuple et de l'état, officiellement justifiés par l'incendie du Reichstag, la police prussienne prend part, aux côtés de la SA et de la SS à la première grande rafle d'opposant organisée à Berlin dans la nuit du 28 février au 1er mars 1933. Dès ce moment, la Gestapo « pouvait agir sans restriction et sans responsabilité, pratiquer l'arrestation secrète et la détention à perpétuité sans accusation, sans preuve, sans audience. Aucune juridiction ne pouvait s'y opposer, ni ordonner la mise en liberté et réclamer un nouvel examen du dossier ». Göring est nommé ministre-président de Prusse le 5 mars 1933, tout en conservant son poste de président du Reichstag ; c'est à ce titre qu'il fait adopter, le 23 mars, lors de l'ouverture de la nouvelle session parlementaire une loi couvrant les crimes et délits commis dans une intention patriotique, complétée, le 23 juin, par l'amnistie des condamnations prononcées contre des nazis avant la prise du pouvoir.

La Gestapo est officiellement créée le 26 avril 1933 ; elle est dirigée par Göring lui-même, avec Diels comme adjoint. Dans la foulée, la Gestapo, dont les activités sont jusqu'alors officiellement limitées à Berlin, ouvre un bureau dans chaque district prussien et met en place, dès le mois de juin, un réseau de surveillance de l'opinion publique et de délation. Elle démantèle l'organisation clandestine du parti communiste mais enquête également sur les activités de la SA, perçue par Göring comme une rivale, et dont elle fait fermer ou transférer à la SS, ses camps de concentration « privés ».

Suite aux manœuvres de Wilhelm Frick, qui n'accepte pas que la Gestapo échappe à son autorité, Diels est révoqué en septembre 1933, pour être remplacé par Paul Hinkler, alcoolique notoire ; son mandat dure moins d'un mois, avant le retour en fonction de Diels, qui fait aussitôt arrêter son éphémère successeur. Afin d'éviter la répétition de tels soubresauts, la Gestapo est officiellement soustraite des attributions du ministère de l'Intérieur, le 30 novembre 1933 pour ne relever que du ministre-président de Prusse, c'est-à-dire, Hermann Goeöring. Le 1er avril 1934, Diels est à nouveau limogé, pour être remplacé, le 20 avril, par Heinrich Himmler, Göring conservant toutefois officiellement la direction de la Gestapo.

La prise en main par la SS et l'intégration au RSHA

Pendant que Göring organise la Gestapo en Prusse, Heinrich Himmler prend petit à petit le contrôle des polices des autres états allemands : en mars 1933, il est nommé préfet de police de Munich, puis, un mois plus tard, président de la police de Bavière ; dans les mois qui suivent, il prend le contrôle des polices de Hambourg, du Mecklenbourg, de Lübeck, de la Thuringe. Au printemps 1934, il dirige toutes les polices allemandes à l'exception de la Prusse. Sorti vainqueur d'une lutte pour le pouvoir qui l'oppose à Kurt Daluege, le protégé de Wilhelm Frick , Himmler unifie toutes les polices allemandes dès sa nomination à Berlin et étend le champ d'action de la Gestapo à toute l'Allemagne ; à la tête du service central de la Gestapo, il nomme son plus proche adjoint, Reinhard Heydrich, déjà responsable du SD.

Heydrich prend comme adjoint à la direction de la Gestapo un ancien membre de la police criminelle de Munich sous la République de Weimar, Heinrich Müller, qui s'était notamment illustré dans la lutte contre les communistes. Le 17 juin 1936, Himmler est nommé chef de toutes les polices allemandes (Chef der Deutschen Polizei) ; il contrôle l'Ordnungspolizei de Kurt Daluege et la Sicherheitspolizei, qui regroupe la Gestapo et la Kriminalpolizei(KRIPO) , dirigée par Arthur Nebe. La SIPO est chargée de lutter contre les ennemis de l'État : la KRIPO poursuit « les individus qui par la suite de dégénérescence physique ou morale sont séparés de la communauté populaire et qui violent, dans leur intérêt particulier, les dispositions prises pour préserver l'intérêt général », la Gestapo s'occupant « des individus qui, comme mandataires des ennemis du peuple allemand national-socialiste, veulent détruire l'unité nationale et anéantir la puissance de l'État. » Le 22 septembre 1939, la SIPO est incorporée, avec le SD, au Reichssicherheitshauptamt, placé sous la direction de Heydrich, puis de Ernst Kaltenbrunner.

Missions et pouvoirs

« La Gestapo a la tâche de rechercher toutes les intentions qui mettent l'État en danger, et de lutter contre elles, de rassembler et d'exploiter le résultat des enquêtes, d'informer le gouvernement, de tenir les autorités au courant des constations importantes pour elles et de leur fournir des impulsions » L'absence de tout cadre légal, avant le décret de Göring, n'empêche pas la Gestapo d'agir dès 1933. Sur la base des décrets des 28 février 1933 et8 mars 1934, qui mettent en place la détention de protection (Shutzhaft), elle peut emprisonner ou interner en camp de concentration qui bon lui semble, sans limite de durée, sans chef d'accusation et sans procès.

L'absence de tout contrôle juridictionnel sur les agissements de la Gestapo est officiellement confirmé le 10 février 1936, par une loi qui indique notamment que « les ordres et les affaires de la police secrète ne sont pas sujets à l'examen des tribunaux administratifs », loi qui ne fait que confirmer un avis de la Cour administrative de Prusse de 1935, selon lequel une mise en détention de protection ne peut être contestée devant un tribunal.

L'organisation interne

Dirigée de 1935 à 1945 par Heinrich Müller, la Gestapo est organisée en 6 départements (en allemand Amt, au singulier), qui comportent plusieurs sections. La plus connue d'entre elles, la section B4, dirigée par Adolf Eichmann, sera le principal organisateur de l'extermination des Juifs d'Europe.


Amt A : adversaires du nazisme
1. Communistes, marxistes et organisations apparentées, propagande illégale ou hostile
2. Contre-Sabotage et mesures de sécurité générale
3. Réactionnaires, libéraux, légitimistes, émigrés
4. Service de sécurité, prévention des attentats
Amt B : églises, sectes religieuses, Juifs et francs-maçons
1. Catholicisme politique
2. Protestantisme et sectes
3. Autres églises et francs-maçons
4. Juifs

Amt C
1. Fichier central, gestion du personnel, surveillance des étrangers
2. Internements de protection
3. Presse et publications
4. Affaires du parti

Amt D : territoires occupés et travailleurs étrangers en Allemagne
1. Protectorat et Tchécoslovaques résidant dans le Reich
2. Gouvernement général et Polonais résidant dans le Reich
3. Ennemis de l'état étrangers
4. Territoires de l'Ouest : Pays-Bas, Belgique, France, Luxembourg, Alsace, Lorraine, Norvège, Danemark

Amt E : Contre-espionnage
1. Problèmes généraux et contre-espionnage dans les usines du Reich
2. Problèmes économiques généraux
3. Pays de l'Ouest
4. Pays nordiques
5. Pays de l'Est
6. Pays du Sud

Amt F
1. Police des frontières
2. Passeports
3. Cartes d'identité
4. Police des étrangers

Amt P : Relations avec les polices étrangères

Referat N (1941) : centralisation des renseignements

Le rôle de la Gestapo

Dans le Reich

L'élimination des opposants (1933-1939)

Au travers de l'appareil du parti nazi, du Gauleiter au Blockleiter, la Gestapo dispose en Allemagne, « de dizaines de milliers d'oreilles et d'yeux attentifs. » Si le rôle réel de la Gestapo dans l'incendie du Reichstag est controversé, elle est bien au centre la la préparation de la nuit des longs couteaux. Elle contribue à monter le dossier du faux complot de Ernst Röhm contre Adolf Hitler et à rédiger la liste des personnes à assassiner ; elle participe également aux meurtres et commet notamment ceux de Herbert von Bose, de Kurt von Schleicher et de son épouse et de Erich Klausener. Désormais indépendante, la SS peut mener à bien sa besogne. Le parti nazi étant reconnu parti unique, la Gestapo continue à traquer sans relâche les opposants politiques, en particulier les membres du KPD. De même, ceux qui n'entrent pas dans l'idéal du parti que les nazis appellent la Volksgemeinschaft (la communauté du peuple), sont rapidement repérés et interceptés.

On commence alors à s'intéresser aux minorités en particulier aux Juifs. Le parti va mettre à la disposition de la Gestapo une base légale pour multiplier les arrestations : le 19 septembre 1935, sont votées les lois de Nuremberg dans lesquelles il est disposé que tout mariage entre juifs et allemands est strictement interdit. Un climat général de terreur s'est installé en Allemagne. Alors que la police apparaît lors des films de propagande comme proche du peuple, les dénonciations se multiplient. Durant l'été 1936, Himmler est nommé Chef der Deutschen Polizei (chef de toutes les polices d'Allemagne) mais c'est Heydrich, son bras droit qui la dirige véritablement. En outre, le ministère de l'Intérieur possède encore un contrôle important. Les intellectuels SS ont un rôle de plus en plus déterminant au sein de la machine nazie à partir de la fin des années 1930. Werner Best, juriste et technocrate SS, est l'un d'eux.

Il assiste Heydrich à la tête de la Gestapo jusqu'en 1940. Franz Six est quant à lui le concepteur du Gegnerforschung (section de la Gestapo qui traque les ennemis du Reich) et recruté par Heydrich au sein du SD. En 1938, suite à l'Anschluss, les dirigeants de la gauche autrichienne sont arrêtés. L'année suivante, la Gestapo établit une liste des opposants tchèques à supprimer.

La poursuite de la répression

Les oppositions grandissent contre la brutalité du régime policier. L'association de la Rose blanche, dirigée par Sophie et Hans Scholl, critique la boucherie de Stalingrad ainsi que les déportations. Dénoncés, ils sont arrêtés par la Gestapo puis décapités le 22 février 1943 près de Munich. La police secrète traque les auditeurs des radios étrangères, dont l'usage est strictement interdit, reconnu comme un acte de trahison. Les amateurs de musique américaine (jazz et swing) sont également pourchassés puisque le régime n'autorise pas l'écoute de la "musique nègre".

Enfin, les mariages mixtes sont analysés au peigne fin. À Francfort, Heinrich Baab ordonne l'arrestation des Juifs mariés avec des Aryens : la ville va connaître des dizaines de milliers d'arrestations (1941-1943). Au mois d'août 1943, Himmler est nommé Reichs-und Preussischer Minister des Innern (Ministre de l'Intérieur) : il est désormais le maître incontesté du régime policier allemand.

La répression dans les territoires occupés

À l'Est

Au cours de l'année 1939, les dirigeants de la Gestapo forment leurs hommes à une prochaine entrée en guerre. Müller coordonne l'opération Tannenberg qui sera un prétexte pour attaquer sans scrupule la Pologne en septembre.

Le 4 juin 1942, Heydrich décède suite à un attentat à Prague. Cet événement intensifie la violence et les arrestations. Himmler reprend provisoirement la direction du RSHA jusqu'en janvier 1943, période à laquelle Ernst Kaltenbrunner lui succède. En représailles à la mort, près de la capitale tchèque, les SS et la Gestapo rasent de la carte le village de Lidice en fusillant tous les hommes et en déportant les femmes et les enfants.

En Pologne, par exemple à Lublin, le chef de la Gestapo, Oswald Gudenlach fait assassiner des dizaines de milliers d'innocents et organise une gigantesque rafle antijuive entre le 3 et le 4 novembre 1943, plus de 43.000 personnes sont assassinées.

À l'Ouest

À Paris, c'est l'Obersturmbannführer Kurt Lischka qui dirige la Gestapo à partir de l'automne 1940 en s'installant rue des Saussaies (8e arrondissement). Le président du Conseil français, Pierre Laval, se met d'accord avec les nazis pour mener efficacement l'arrestation des Juifs par la police française : au total 80 000 Juifs français sont déportés.

En France, elle a aussi la charge de parfois contrôler et censurer le courrier (travail généralement assuré par la Wehrmacht) : elle appose sur les plis contrôlés un cachet rond où figure la légende "Geheime Staatspolizei" avec au centre l'aigle allemand à croix gamée.

La déportation et l'extermination des Juifs d'Europe

Entre l'automne 1939 et le printemps 1940, Hitler veut gagner la guerre au plus vite. Il ordonne l'élimination de 70 000 personnes par les Einsatzgruppen (commandos SS) en Europe de l'Est en particulier en Ukraine et en Biélorussie. Les unités SS et la Gestapo prêtent main forte à ces unités mobiles pour exterminer les hommes en âge de combattre. Avec la réquisition des moyens de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), c'est notamment au sein de la Gestapo dans le service IV.B.4 dirigé par Adolf Eichmann, que sont organisés tous les transports de prisonniers vers les camps de concentration. C'est également elle qui procède aux arrestations des Juifs - qui, désormais doivent porter l'étoile jaune - et des opposants politiques en Allemagne et dans les territoires conquis.

Le 31 juillet 1941, Heydrich établit un plan pour l'élimination des Juifs à "grande échelle" : l'opération Reinhard. L'objectif est de planifier l'extermination de 2 millions de Juifs polonais. Durant l'automne, Himmler ordonne sa mise en place. Le 20 janvier 1942, Müller est présent à la conférence de Wannsee, durant laquelle on coordonne la Endlösung (Solution finale). Le projet est diffusé au sein de la Gestapo, auxiliaire incontournable de sa mise en place. Heydrich veut faire de ses policiers non plus les modèles de la Volksgemeinschaft, mais "des policiers politiques", véritables acteurs de la Solution finale.

La Gestapo fonctionne sans aucun tribunal et décide elle-même des sanctions à appliquer. Elle s'est rendue célèbre, en Allemagne d'abord, puis dans toute l'Europe occupée, par la terreur implacable qu'engendrent ses procédés. Elle incarne l'arbitraire et l'horreur des forces nazies. La Gestapo est une police des esprits, ayant des informateurs dans toutes les couches sociales de la population. Aux policiers allemands ou aux 1 500 policiers présents sur le territoire français, s'ajoutent 40 000 auxiliaires d'origines diverses, y compris le grand banditisme.

En avril 1942, Himmler obtient d'Hitler que les pouvoirs de police soient transférés des militaires au général de police SS Karl Oberg. La Gestapo peut alors appliquer à la France les méthodes employées en Allemagne et dans les autres territoires occupés. Dès le 10 juin, le pouvoir central nazi lui recommanda d'utiliser la torture lors des interrogatoires pour arracher des aveux et des informations aux prisonniers récalcitrants. C'est le cas notamment du chef de la Gestapo à Lyon, Klaus Barbie qui sera le bourreau de Jean Moulin.