mardi 15 mai 2012

LE MYTHE DE LA PETROLEUSE



Naissance des « pétroleuses »

Durant la « semaine sanglante », tant pour des raisons symboliques que pour des motivations tactiques, la Commune incendia quelques grands édifices parisiens tels l’Hôtel de Ville, la Cour des comptes, une partie du Palais-Royal et le palais des Tuileries. A tort ou à raison, des suspects furent arrêtés, jugés et condamnés – Boudin et Bénot furent ainsi respectivement fusillés en mai 1872 et janvier 1873 – pour ces actes qui avaient marqué l’esprit des Parisiens.

Dès les débuts de l’été 1871, des journaux versaillais construisirent et diffusèrent des histoires de « pétroleuses » qui, dans les divers imaginaires politiques, succédaient aux « tricoteuses » révolutionnaires. Souvent associée à des personnalités comme Louise Michel, André Léo, Paule Minck, Nathalie Lemel, Elisabeth Dmitrieff ou Maria Deraisme, l’image de la communarde munie de la « boîte » ou de la « bouteille » de pétrole qu’elle lancera sur les façades des édifices publics ou dans les caves des immeubles devint une figure récurrente dans les récits des journalistes, des témoins et des premiers historiens de tout poil affiliés à Versailles.


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