lundi 2 juillet 2012

ADVERSAIRE DE L' AXE


Adversaires de l'Axe


Winston Churchill, premier ministre du Royaume-Uni et Charles de Gaulle, chef de la France libre.
Comme l’armée tchécoslovaque n’avait pas opposé de résistance lors de l’invasion de la Bohême-Moravie, le 15 mars 1939, on peut considérer que la Pologne est le premier adversaire de l’Allemagne belligérant à partir du 1er septembre 1939 lorsqu’elle résiste à son invasion par l’Allemagne. L’invasion de la Pologne provoque les déclarations de guerre de la Grande-Bretagne et de la France le 3 septembre 1939, à respectivement 13 h et 17 h. Avec la Grande-Bretagne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande déclarent également la guerre à l’Allemagne. Au fil de la guerre, tous les dominions (Canada, Afrique du Sud, Terre-Neuve) et toutes les colonies (Inde, Nigeria, Kenya, etc.) de l’Empire britannique deviennent tôt ou tard partie prenante du conflit sauf l’Irlande du Sud qui reste officiellement neutre sous la direction de Éamon de Valera.
En avril 1940, lorsque l’Allemagne envahit le Danemark et la Norvège, la Norvège oppose une résistance armée alors que le Danemark, trop faible militairement, tente plusieurs contre-attaques sans succès et se place "sous la protection de l'Allemagne" selon les paroles de son roi.

En mai  1940, le 10 dans la nuit, la Belgique est attaquée brusquement. Pour son armée commence campagne des dix-huit jours. La résistance, en Ardenne belge, des troupes d'élite belges, les Chasseurs ardennais retarde de deux jours l'attaque allemande par la percée de Sedan, en Ardenne française. Mais les troupes françaises de ce secteur, composées de réservistes, sont mal préparées à subir l'assaut allemand des 12 et 13 mai. L'armée belge, percée au nord par la chute du fort d'Eben Emael, recule en s'alignant sur l'armée française pour tenter de reformer une ligne de front continue dans laquelle doit s'intégrer l'armée anglaise, selon la conception du général français Gamelin, en accord avec les états-majors belge et anglais. Mais la tactique allemande de percées profondes, lancées sans s'encombrer du souci de former un front continu, laisse les alliés sans méthode face aux offensives des panzers qui désarticulent leurs régiments et malgré la bataille d'arrêt des Belges sur la Dendre, la bataille de Flavion, au sud de Namur, par les blindés du général Bruneau, et la bataille de Hannut, au sud de Bruxelles, par les blindés du général Prioux. Mais il ne s'agit que de succès locaux provisoires qui ne peuvent empêcher le plan allemand de se diriger vers l'encerclement des forces alliées en Belgique. Aussi, le général en chef français Gamelin, généralissime des armées alliées, dont la conception stratégique est figée et les réactions lentes face à la tactique allemande sont inadéquates, est-il remplacé par le général français Weygand. Mais il est trop tard et, le 20 mai, les forces alliées du nord se trouvent coupées des armées du sud lorsque les forces allemandes atteignent la mer, dans l'estuaire de la Somme, très au sud du front, là où l'opposition des forces françaises est faible car elles avaient été réduites, dès avant le mois de mai, par l'envoi, au nord de divisions destinées à l'offensive française vers la Hollande, dite plan Breda.
Une autre coupure se prépare au nord, l'armée allemande s'approchant de Dunkerque, seul lieu de rembarquement possible pour sauver ce qui peut l'être des armées alliées. Malgré une réaction désespérée des blindés anglais décimés à Arras par les panzers du général Rommel et, après une bataille d'arrêt de quatre jours de l'armée belge sur la Lys, celle-ci approche de la fin de ses stocks de munitions sans ravitaillement possible car elle est tournée au sud par les forces allemandes. Celles-ci profitent de l'abandon de l'aile droite du front anglo-belge que les Anglais ont opéré pour se retirer vers Dunkerque en vue de s'y réembarquer. Ce réembarquement imminent des Anglais ne prévoit rien pour évacuer au moins une partie des forces combattantes belges. Aussi, celles-ci, qui sont à bout de munitions et de moyens logistiques après une campagne de dix-huit jours tombent-elles dans les mains allemandes par une reddition qui ne concerne que les troupes directement impliquées dans les combats à l'exclusion des troupes du Congo belge (à la différence des conditions de l'armistice franco-allemand qui impliquera la totalité de l'Empire français). La reddition belge étant d'ordre strictement militaire laisse intact le pouvoir du gouvernement civil qui se réfugie en France, jusqu'à l'armistice que ce pays conclut avec l'Allemagne le 22 juin, puis en Angleterre d'où il continuera la guerre à la tête de forces qui ont pu échapper à l'ennemi, dans l'aviation et la marine, et aussi à la tête du Congo belge avec son potentiel économique agricole et minier et sa force armée.


Franklin Delano Roosevelt, président des États-Unis.
Les dirigeants de l’Empire britannique écartent toute perspective de paix avec l'Allemagne. La Grande-Bretagne héberge d'ailleurs un certain nombre de gouvernements en exil ou de gouvernements dissidents qui mettent ce qui reste de leurs forces armées, notamment polonaises, tchèques, yougoslaves, belges, néerlandaises et françaises, plus ou moins importantes, aux côtés du Royaume-Uni. Le général français de Gaulle lance un appel dès le 18 juin à tous les Français qui refusent de s'incliner devant les clauses léonines de l'armistice franco-allemand, annoncé pour le 22 juin, qui livrent à l'Allemagne l'économie de la France et de son empire. Par l'armistice, la France s'est retirée de la guerre, entreprenant avec l'Allemagne une collaboration économique forcée qui englobe tout son empire. Par contre, le Congo Belge et l'Indonésie restent sous le contrôle des gouvernements belge et néerlandais en exil à Londres. Les Belges vaincront les Italiens en Abyssinie, mais les Hollandais perdront l'Indonésie après une bataille navale qui verra la défaite d'une escadre hollando-anglaise par la marine japonaise. À la fin de 1940, l'empire britannique reste la seule puissance qui puisse défier l'Allemagne, avec l'énorme potentiel de ses peuples et de ses économies dans ses dominions et ses colonies.
Après l’attaque sur Pearl Harbor, le 7 décembre 1941, les États-Unis sont entrés en guerre contre le Japon ; et de fait contre l’Allemagne et l’Italie, puisque l’Allemagne et l’Italie déclarent la guerre aux États-Unis le 11 décembre en guise de soutien affiché au régime japonais.
La République de Chine, en guerre avec le Japon depuis 1937, se retrouve dès lors dans le camp des puissances alliées. De nombreux pays d’Amérique latine déclareront la guerre à l’Allemagne : le Brésil en janvier 19428 et le Mexique en mai 1942.
Après le débarquement allié en Afrique du Nord, en novembre 1942, la majeure partie de l’Empire colonial français se retrouve du côté des Alliés.


Viatcheslav Molotov et Joseph Staline, respectivement ministre des affaires étrangères et dirigeant politique de l'Union soviétique.


Tchang Kaï-chek, dirigeant de la République de Chine.
En octobre 1943 le gouvernement italien Badoglio déclare la guerre à l’Allemagne, mettant l’armée italienne, grossie de nombreux engagés venus de la résistance, au service des Alliés. D’autres états qui avaient été membres de l’Axe, comme la Finlande ou la Roumanie qui, amputées territorialement par l’URSS en 1940, avaient participé à l’attaque allemande contre l’URSS en 1941 pour récupérer les territoires perdus (respectivement Carélie et Bessarabie), rejoignent à leur tour les Alliés lorsque l’Armée Rouge revient sur leurs frontières, la première en décembre 1944 (Guerre de Laponie), la seconde le 23 août 19449 (en outre, la Roumanie avait eu deux divisions engagées du côté allié dès 1941). Dans la nuit du 8 au 9 septembre 1944, la Bulgarie, occupée par l’Armée Rouge depuis trois jours, déclare à son tour la guerre à l’Allemagne. Toutefois, ces ralliements tardifs et contraints ne permettront pas à ces trois pays de participer à la fondation de l’Organisation des Nations unies. À l’ouest, l’effondrement du régime de Vichy en France métropolitaine met toutes les ressources du pays et de nombreux engagés au service de la France libre.
En 1945, les Alliés avertissent tous les États, que ceux qui auront déclaré la guerre à l’Allemagne seront admis à la conférence fondatrice de l’ONU. Ce qui entraîne, au printemps 1945, une cascade de nouvelles déclarations de guerre au Troisième Reich, qui pour la plupart resteront fort platoniques : il s’agit de pays sud-américains tels que le Paraguay, l’Équateur, le Pérou, l’Argentine, ou du moyen-orient tels que l’Égypte, la Syrie, le Liban, la Turquie (le 6 mai 1945...) et quelques autres. En tout, 52 États se sont trouvés en état de guerre avec l’Allemagne hitlérienne, sans pour autant être admis aux conférences interalliées, réservées aux « trois grands » (États-Unis, Empire britannique, URSS et, après l’été 1944, France), état de guerre auquel aucun traité de paix après 1945 n’est jamais venu mettre juridiquement fin.
Le 9 mai 1945, lendemain de la capitulation allemande, les dernières délégations diplomatiques nazies sont expulsées des derniers États neutres : la Suisse, la république d'Irlande, l’Espagne, le Portugal, l’Afghanistan et le Chili.
URSS
Lorsque l’URSS attaque la Pologne le 17 septembre 1939, conformément au protocole secret du pacte germano-soviétique, elle est, d’un point de vue polonais, dans le même camp que l’Allemagne, sans pour autant être en état de guerre déclarée avec la France et le Royaume-Uni. Lorsque l’URSS attaque la Finlande en novembre 1939, la Finlande se trouve plutôt du côté de la France et du Royaume-Uni. Cette agression vaut par ailleurs à l’URSS de se voir expulsée de la SDN fin 1939. Pendant la durée du pacte, Staline livre ponctuellement et à crédit du pétrole, des matières premières et des céréales permettant au Reich de contourner partiellement le blocus des Alliés. Il lui livre aussi plusieurs dizaines de communistes allemands réfugiés en URSS.
À partir du 22 juin 1941, l’URSS, attaquée par l’Allemagne, se retrouve dans le camp des Alliés. Elle bénéficie du prêt-bail américain en échange des réserves en or de la Banque d'État d’URSS. À défaut de pouvoir ouvrir avant 1944 le second front instamment réclamé par Moscou, les Alliés fournissent à l’URSS une aide importante, qui transite notamment par la dangereuse voie arctique.
Selon Raymond Cartier et John Keegan, entre octobre 1941 et juin 1942, les États-Unis livrent 1 285 avions, 2 249 chars, 81 287 mitrailleuses, 56 500 téléphones de campagne, 380 000 mille international de fil téléphonique. En 1943, 427 000 des 665 000 camions de l’Armée rouge viennent d’outre-Pacifique. L’Amérique fournit aussi 13 millions de bottes, 5 millions de tonnes de vivres ou encore 2 000 locomotives, 11 000 wagons, 54 000 tonnes de rail. Trois quarts du cuivre soviétique viennent des États-Unis, mais aussi une grande partie du pétrole de haute teneur sans lequel il est impossible de fabriquer du carburant pour avion.
La défaite allemande est impensable sans l’Armée rouge, qui fixe en juin 1944 les deux tiers de la Wehrmacht – en général les troupes les plus jeunes et les mieux équipées – et met hors de combat 85 % de ses soldats.

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